résumé

Patrick Laure  Patrick Laure


Conduites dopantes des adolescents sportifs : quelles perspectives ?

Les conduites dopantes des adolescents sportifs, c'est-à-dire leurs consommations de substances à des fins de performance, sont assez bien décrites en terme de prévalence. Ainsi estime-t-on, pour le seul dopage, qu'en moyenne 3 à 5 % des jeunes pratiquants âgés de 8 à 18 ans ont déjà utilisé un produit interdit. Ce pourcentage est plus élevé chez les garçons et chez les compétiteurs, et il augmente avec l'âge. Par exemple, dans un récent travail lorrain, la prévalence d’usage au cours des 6 derniers mois passe de 1 % à 11 ans, à 3,5 % à 15 ans.

On connaît peu des choses, en revanche, des déterminants de ces conduites. Toutefois, il a été observé que les jeunes sportifs usagers de substances dopantes présentent des facteurs de vulnérabilité et des facteurs de protection comparables aux adolescents qui adoptent des conduites à risques en général. Par exemple, une estime de soi altérée, une anxiété un peu élevée, des relations affectives avec les parents un peu dégradées, une image corporelle qu’ils jugent peu satisfaisante, le sentiment de n’être pas heureux, le recours à des substances psychoactives, etc.

Ce constat a déjà servi à la construction de quelques actions de prévention auprès d’élèves en filières d’accès au sport de haut niveau, ou d’élèves en sections sportives scolaires. Fondées sur les principes généraux de l’éducation pour la santé, leurs résultats sont très prometteurs. En effet, non seulement certaines compétences psychosociales des adolescents s’améliorent sensiblement, mais en outre leur intention d’utiliser des substances dopantes diminue significativement.