résumé

Jean-Michel Costes



Regard épidémiologique sur les addictions en Europe : anciennes et nouvelles problématiques

Les consommations de drogues licites et illicites concernent une large majorité des Européens : 3 sur 4 consomment de l’alcool, 1 sur 3 du tabac, 1 sur 8 des médicaments psychotropes, 4 % du cannabis et environ 1 % d’autres drogues illicites. Les abus de ces substances entraînent des conséquences sanitaires et sociales importantes. Ainsi, on estime que dans l’ensemble des pays développés, dont l’Europe constitue la principale composante démographique, environ 18 % de l’ensemble des décès sont attribuables au tabac, 4 % à l’alcool et 0.5 % aux drogues illicites. Si les  prévalences d’usage des différents produits psychoactifs sont particulièrement élevées en Europe, comme dans les autres pays développés, par rapport aux autres régions du monde, les tendances d’évolution ne sont pas uniformes selon les produits ; elles sont :
  • à la baisse depuis 30 ans pour la consommation d’alcool avec néanmoins une augmentation des recherches d’ivresses chez les jeunes depuis les années 1990,
  • à la stabilisation – voire à la diminution dans certains pays – du tabagisme,
  • à l’augmention, globalement, en ce qui concerne l’usage de drogues illicites, cannabis et cocaïne notamment.


Au sein de l’Union Européenne, la position de la France en matière de consommation de drogues se situe  plutôt dans la « moyenne supérieure » pour l’alcool le tabac et les drogues illicites autres que le cannabis et plus nettement « en tête » pour les médicaments psychotropes et le cannabis.
Les nouvelles problématiques relatives aux addictions sans produit sont encore très mal documentées. Il n’est pour le moment pas possible d’en établir un état des lieux en Europe. Dans ce champ, le domaine d’étude le plus avancé est celui du jeu excessif. L’analyse des différents travaux menés sur ce sujet, principalement dans le monde anglo-saxon, laisse penser que la prévalence du jeu excessif ou pathologique en population générale serait de 1 à 2 %. Les facteurs individuels ou sociaux liés à ce comportement sont globalement les mêmes que dans le cas des addictions aux drogues. Il faut d’ailleurs noter que ces différents types de comportements addictifs sont liés. Ces constats soulignent la nécessité d’approfondir l’étude de ces nouvelles problématiques dans un cadre conceptuel global des addictions comportementales.
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